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mardi 3 avril 2018

TEUFELSBERG... L'histoire

La « montagne du diable » porte un nom intriguant et cache des fantômes qui ont vécu l'histoire de l'Allemagne. Cette colline artificielle est
située dans l'ancien Berlin-Ouest, à proximité du stade olympique construit par Hitler en 1936. Elle
domine de 114,7 mètres la forêt de
la ville, Grunewald. Mais cette colline
n'a pas poussé seule. Berlin, en 1945, est partiellement rasée. Ce sont les femmes, appelées « Trümmerfrauen » (femmes des ruines), qui ramassent les décombres pour reconstruire la ville alors que les hommes ne sont pas encore rentrés du front. Comment se débarrasser des gravats
qui encombrent l'ancien symbole de la puissance nazie ? Les Alliés, dans plusieurs pays
de l'Europe d'après guerre, construisent des collines artificielles, appelées Schuttberg, à partir de ces ruines. Teufelsberg en fait partie, mais elle a une histoire particulière.
Son emplacement n'a pas été choisi au hasard. La colline vise à cacher une université militaire et technique nazie (Wehrtechnische Fa-
kultät) conçue par Albert Speer et inachevée à
cause de la guerre. Les Alliés ont essayé d'utili-
ser des explosifs pour détruire l'école, mais celle-
ci a résisté. Il s'est avéré plus facile de la couvrir
de 12 millions de mètres cubes de débris. Sous
la colline de Teufelsberg sur laquelle les enfants
font aujourd'hui de la luge devaient être formés
les futurs ingénieurs du régime.

La colline, point culminant de la ville, n'est pas restée nue bien longtemps. Dès 1957, la National Security Agency (NSA), agence nationale de sécurité américaine, ouvre une station d'espionnage, qui sera active jusqu'en 1991. De grosses balles de golf cachent les antennes de la NSA, menacées par le temps hostile du pays. Il s'agit également d'éviter que les Soviets puissent savoir quelle fréquence est captée par les antennes.
Enfermés dans des bureaux sans fenêtres et éclairés seulement par la lumière artificielle, les techniciens analysent les signaux hertziens en provenance du bloc de l'Est. Leurs travaux sont ensuite envoyés aux Etats-Unis ou en Angleterre. Les autres écoutes sont brûlées sur place, ce qui permet de chauffer une partie du bâtiment.
Dans les années 1960, une petite station de ski est
créée sur la colline. Cette fois, les agents de la NSA
protestent : les remontées mécaniques gênent la ré-
ception. La station de ski est supprimée.
Dans les années 1980, les Américains sont pris à
leur propre jeu d'espionnage. Le mécano de la caserne, Hüseyin Yildirim, récupère des documents, qui lui sont confiés par James Hall, agent de la NSA. Il remet ces informations capitales au régime est-allemand. Hüseyin Yildirim sera emprisonné de 1988 à 2004. Il coule aujourd'hui des jours paisibles à Istanbul. Quant à la station, elle a été fermée à la chute de la RDA et du bloc soviétique, mais les bâtiments et les dômes de radar sont encore là.
Depuis mai 2012, un artiste engagé loue les propriétés privées de Teufelsberg. Il fait payer
l'entrée sept euros afin d'empêcher tout vandalisme. Les visiteurs doivent signer une décharge : ils sont responsables en cas d'accident. En se promenant dans le bâtiment, ils peuvent aussi croiser des artistes. Les anciennes antennes sont désormais recouvertes de dessins de street art qui côtoient les graffitis.

3 commentaires:

  1. Merci pour toutes les photos et ces informations.
    Voyage enrichissant à tous points de vue et en plus sous le soleil!
    Profitez bien
    Famille Vigné

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  2. Bonjour a tous .
    Merci beaucoup pour ces belles photos . Profitez bien de Berlin car vous avez en plus du beau temps.
    En attente de nouvelles photos.
    Famille Coudert

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  3. Merci pour cette page d'histoire méconnue. On attend avec impatience de vos nouvelles.
    Famille Taiclet

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Nous aurons certainement quelques minutes de retard. Arrivée prévue vers 16h45. A tout de suite ! L'équipe des berlinois 🐻